Jeudi dernier, à Paris, j’ai assisté au premier jour de la conférence Marcus Evans sur l’Architecture d’entreprise. Pour ceux qui ne sont pas familiers, Marcus Evans n’est pas un nouveau pub anglo-saxon créé à l’occasion de la Saint Patrick, mais une société dont le métier est d’organiser des conférences.

 

Une fois par an, se tient à Paris une conférence sur l’Architecture et l’Urbanisme de systèmes d’information qui réunit peu ou prou les mêmes acteurs, participants et orateurs. Les participants présentent leurs retours d’expérience : succès, difficultés et résultats atteints. Je suis toujours impressionné par les chefs de projet qui, comme toujours, parlent avec talent de leurs projets. Cette fois-ci, le sujet était : “7 ans après, Bilan de l’Urbanisation des Systèmes d’information”.

 

Depuis 1996, s’est développée en France la pratique de l’urbanisme, proche de celle de l’architecture d’entreprise, et basé sur le paradigme du développement urbain. Elle met en œuvre le principe de regroupement des fonctionnalités de traitement de l’information en fonction du type de ressources mobilisées. Par exemple, les fonctions opérationnelles exigent des ressources transactionnelles avec haute disponibilité, tandis que les fonctions d’échanges externes exigent des ressources pour gérer et sécuriser les échanges avec des acteurs situés à l’extérieur du Système d’information.

 

Quand SOA est apparu, bien que la pratique de l’Urbanisme soit considérée comme un facteur de succès, elle ne répondait pas aux nouvelles questions posées : par exemple comment identifier les services ? Comment identifier les opérations des services ? Ces points figuraient parmi les sujets adressés par les conférenciers.

 

Le premier orateur, Michel Brouant, Directeur de l’Architecture à l’Unedic, a présenté le plan de convergence des systèmes d’information Unedic- Assedic. Le calendrier était impressionnant : quatre mois pour construire le plan de convergence, trois ans pour la mise en œuvre de la trajectoire.

 

Ce plan combinait 3 types de projets : l’accès au SI (l’agent, le client, les partenaires), la rationalisation de systèmes, les fonctions métier comme les “master data”. Dans un contexte qui amenait beaucoup de questions organisationnelles, le succès a reposé sur une équipe expérimentée qui s’était doté d’outils éprouvés comme des cartographies de systèmes et des inventaires d’applications qui ont été très utiles pour l’étape d’évaluation de l’existant. Le fait que les fonctions des systèmes existants ne se chevauchaient pas, excepté pour les processus
de support comme la gestion des ressources humaines a également été un élément facilitateur.

 

Rafaël Gutierrez, Chef de projet au ministère de l’Environnement, a présenté la mise en oeuvre d’un moteur générique de BPM. L’approche qui consistait à déployer rapidement un tel service et à connecter chaque système dans un second temps, a permis de débuter rapidement avec des projets simples et de passer plus facilement à des projets plus complexes.

 

Nicolas Bogucki, Responsable de l’Architecture à l’INA, a présenté un outil qui automatise certaines parties de la cartographie des systèmes existants. Il peut être utilisé aussi bien pour la cartographie fonctionnelle et la cartographie métier que pour la cartographie technique. L’INA a choisi System Architect de Telelogic parce qu’il permet de personnaliser le metamodèle et de mettre en oeuvre l’automatisation via un module VBA.

 

Christophe Rémy-Neris, Directeur de Domaine Édition de Canal Plus, a présenté les avantages de SOA dans le cadre d’une migration d’application.

 

Stephan Chraibi, Directeur de la stratégie informatique et de l’Architecture chez Aviva, a présenté un projet global qui permet de réarranger et de regrouper des applications en utilisant la technologie de virtualisation.

 

François Rougier, directeur des systèmes d’information à la MACIF, a présenté un projet d’évolution de l’architecture de son système d’information afin d’intégrer une gestion multicanal de la relation client. Son modèle couvre 4 couches = les applications métier qui fournissent des services de base, les procédures métier qui orchestrent les services de base, les procédures de système spécifiques à un canal et à une interface humaine. Dans sa cible, Il recherche de maximiser la réutilisation des services, puisque son modèle de coût montre que le ROI augmente avec le degré de réutilisation.

 

Sa question principale concernait la gestion des changements des services.

 

Le dernier orateur a été Olivier Guerin, le Directeur de l’Urbanisation et de la Stratégie SOA chez Dreamsoft. Il a développé le point de vue selon lequel les pratiques d'”Urbanisme” et SOA sont fortement liés et par conséquent arrivait à la conclusion que l'”Urbanisme” est un facteur critique de succès pour la mise en œuvre de SOA.

 

La journée s’est terminée avec une table ronde sur les retours d’expérience de projets de SOA. Le présentateur de l’ensemble de la conférence était Claude Durand, Directeur de la Stratégie d’Osiatis. Il a, de façon ouverte et pertinente introduit, chaque présentation en liaison avec la précédente et animé les sessions de réponses et des questions.

 

La leçon à tirer de cette journée pourrait être de démontrer que les étapes menant à SOA ne commencent pas toujours par des projets de transformation métier. SOA exige un niveau de maturité de l’infrastructure technique. Les projets qui contribuent à l’amélioration de l’architecture technique, sont également un levier dans le cadre d’une trajectoire SOA. Cependant même de tels projets doivent être soutenus et argumentés par un business case robuste.

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