Personne ne doute que la capacité d’adaptation des sociétés humaines est le facteur essentiel de leur survie. Jared Diamond décrit l’exemple de la société Viking étable au Groenland entre le Xème et le XVème siècle1. Il est édifiant. Jared Diamond montre comment la culture, les croyances et les idées reçues ont entravé la capacité d’adaptation des Vikings et les ont conduit à quitter définitivement le Groenland. Devrons nous quitter notre planète à cause de notre obscurantisme ?

En occident, nous entrons dans une période où le surplus de richesse ne pourra pas pallier l’indigence des prises de décisions. Le bon sens de chacun lui indique que les évolutions sont progressives et mesurées par des taux de croissance ou de contraction. Nous avons tous l’œil sur des taux que véritablement nous ne comprenons pas, car ce sont des taux moyens qui obfusquent la réalité des phénomènes. A lire la progression des taux, ce n’est pas si grave, il est urgent d’attendre.

Le coup de poker raté de Vladimir Poutine a changé l’ordre du monde, l’Occident et l’Europe sont entrés dans une économie de guerre. Il a déjà provoqué un choc alimentaire et un choc énergétique, tous deux durables. D’autres vont arriver. Le comportements des pays et des acteurs de l’économie mondiale est en train de se transformer radicalement. L’économie de la dette va s’amplifier pour payer les armes nécessaires à l’Ukraine, et avec elle l’inflation. La frugalité énergétique conduit à utiliser moins de voitures et à contracter une activité industrielle vitale pour l’Europe, comme elle conduit à réduire les déplacements de toutes sortes, y compris pour faire du tourisme. Elle conduit aussi à réduire la construction d’habitation, pèse sur le prix de loyer en hausse. Dès que l’activité se contracte, les services les moins utiles vont en pâtir et accélérer la contraction.

La réalisation des investissements devra être de plus en plus rapide, pour éviter l’érosion de valeur due à l’inflation, alors que nous devons investir dans des infrastructures à durée de vie très longue.

Cela reflète la réalité, la dynamique dans laquelle l’Occident est entrainé. Il est urgent de poursuivre. Certains espèrent qu’une Russie exsangue pliera dans peu de temps. Si rien de change ou si l’on remet notre salut aux dieux quels qu’ils soient, nous regarderons la catastrophe passer et emporter les plus faibles d’entre nous. Ce n’est pas l’esprit d’une Démocratie. Les idéologies quelles qu’elles soient, sont par nature hors sol, hors de la réalité, elles ont toujours mené les sociétés au chaos qu’elles soient populistes, catholiques, populo-socialistes, islamistes, mais pas seulement, les idées reçues, l’irréfragabilité de la culture nationale, l’infériorité a-priori des femmes parce qu’elles sont femmes, la contestation systématique prise pour l’expression de l’esprit critique, la science érigée en dogme qui s’étonne qu’on ne la comprenne pas notamment en économie, en écologie, en sociologie et en médecine, on l’a vu pendant la Covid. Les réseaux sociaux et des média qui les ont rejoints ont un effet amplificateur tel que toutes ces idéologies sont près d’accéder au gouvernement de nos démocraties.

Que faudrait-il faire ? Renforcer les démocraties, faire que les sujets soient débattus dans leur réalité et ainsi, décider et accepter les solutions les plus adaptées. Aujourd’hui elles sont en danger partout dans le monde, aux Etats-Unis, en France, en Europe et ailleurs. Adapter leur gouvernance à l’époque actuelle, car le peuple ne peut être souverain pour tout, ses décisions doivent s’inscrire dans un cadre éthique, humaniste, universel, qui doit inclure l’environnement. Diffuser cet idéal démocratique partout sur la planète, notamment en améliorant le niveau de vie des personnes, sans cela, aucune démocratie n’est possible.

Ne faisons pas comme les Vikings du Groenland, ne pensons pas que nos idéologies, quelles qu’elles soient, contiennent la vérité. la vérité nous appartient tous, elle est l’expression d’une démocratie en bonne santé.

1 Diamond, Jared, Agnès Botz, et Jean-Luc Fidel. Effondrement: Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie. Paris: Folio, 2009.

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