Cela a commencé par l’agriculture.

Les gains de productivité de l’agriculture en France ont permis de développer d’autres activités pour le bien être des hommes et des femmes. Partons de l’état où chaque agriculteur plante pour son propre usage, à peu près le cas du Xème siècle, France. Il a construit sa maison, a pu acheter de mauvais outils et une bête. Il est en équilibre, il parvient à nourrir et habiller sa famille. Le seigneur perçoit l’impôt pour ses propres besoins et celui de son armée. Le clergé perçoit la dîme pour financer ses activités. (cf agriculture au moyen-âge). Quasiment 100% de l’activité et de la richesse est agricole, les villes sont peu développées.

Au XIIème siècle, grâce au progrès des techniques agricoles, les agriculteurs vont faire davantage de surplus, qu’ils vont pouvoir vendre et améliorer leur situation. Pendant ce temps, d’autres activités vont apparaître, industrie textile, artisanat, qui vont profiter des surplus agricoles pour vendre des produits et des biens aux agriculteurs. Cela se traduit par l’essor des villes. Ces temps de meilleur-être voient également un accroissement de la population et, pris dans un cercle vertueux, poussent les agriculteurs à davantage de gains de productivité.

Cependant tout est une question d’équilibre.

Si les gains de productivité sont plus rapides que l’accroissement de la population à nourrir, c’est la surproduction. La valeur relative des biens agricoles baisse, les agriculteurs achètent moins de biens et de services, qui se trouvent eux-même en situation de surproduction et voient leur prix relatif baisser, tandis que les impôts et la dîme augmentent pour maintenir les services régaliens au même niveau.

Si les gains de productivité sont moins rapides que l’accroissement de la population, il faudra étendre l’activité agricole et, de manière relative, réduire les activités moins essentielles, comme le textile, l’industrie ou les services. Dans ce cas, le bien-être de l’humanité stagne ou diminue.

En cas de choc, comme une mauvaise récolte, l’offre se raréfie, les prix augmentent provisoirement, mais rapidement le système reprend sont régime d’équilibre.

Au Xème et au XIIème siècle, la plupart des échanges se font par le troc et peu, notamment les biens et les services, requièrent de la monnaie, pour ensuite donner la possibilité à ceux qui la possèdent, d’acheter en retour les denrées agricoles devant les nourrir. La monnaie est indexée sur la quantité d’or ou d’argent qui la compose.

Le même mécanisme a permis d’installer les bienfaits du progrès techniques dans nos sociétés occidentales et, est en train de jouer, dans l’ensemble des sociétés de la planète, accéléré grâce à la mondialisation. Il s’est sophistiqué, les biens et les services se sont multipliés, la gestion de la monnaie, dont le rôle est de permettre la poursuite des échanges en jouant le moins possible sur la valeur des biens et des services est devenue de plus en plus complexe.

Ces économies sont en proie à de nombreux chocs, qui ne touchent pas que les activités agricoles, notamment les activités industrielles et de services, elles y résistent.

Tout est encore une question d’équilibre.

Si certains produisent des biens ou des services indispensables aux autres et maintiennent un prix élevé, ils captent les surplus et les gains de productivité des autres qui voient leur bien-être diminuer. Les déséquilibres sont aussi la conséquence d’une mauvaise détermination du prix des biens ou des services. Lorsque certains sont trop chers, ils captent une partie des gains de productivité et réduisent le bien-être d’une partie de la population. Si cela se généralisait, ceux dont le bien-être ne s’améliorent pas, ne feraient plus de gains de productivité, il faut doser la pression, et tenir les prix élevés, mais pas suffisamment pour éteindre tout mécanisme de progrès.

Tous les mécanismes de prix convenus participent à ce déséquilibre, les salaires à l’intérieur d’une entreprise, le prix sur des marchés captifs ou une rareté artificielle est maintenue. Certains sont exclus du travail, d’autres ne peuvent plus acheter des biens et des services de base. La mauvaise gestion de la monnaie qui, trop abondante, sans influer sur les prix, permet d’acquérir à moindre coût des moyens de production ou de l’immobilier, amplifie ce déséquilibre. Si la monnaie influe sur le prix, alors c’est l’inflation ou la déflation.

En conclusion

A la base, une évolution saine de l’économie mène à un plus grand bien-être des hommes et des femmes. Avec le progrès, les économies sont de plus en plus complexes. Ce sont des dynamiques dont il faut gérer les équilibres. Elles évoluent en permanence. Il faut inventer des mécanismes de fixation des prix équitables et qui permettent cette adaptation permanente qui fait que la bonne marche de l’économie profite à tous. Comment déterminer le bon prix d’un travail en comparaison d’un autre ? Comment un travailleur plus productif peut-il bénéficier des surplus qu’il génère et ne pas s’en faire spolier ? Comment dans des marchés à faible transaction, assurer que le prix est le prix, alors qu’il influe sur la valorisation de l’ensemble des actifs ?

Si toutes ces questions sont les défis actuels et futurs que nous et nos enfants doivent relever, il ne faut pas perdre de vue que le bien être de tous est basé sur la capacité des sociétés à développer et maîtriser les échanges de biens et de services.

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